Il faut cependant attendre 1988 pour voir arriver en France une machine avec un tel processeur. Mais ce n'est pas tout : le système livré avec la machine n'est pas un nième clone de CP/M ou MS/DOS mais Arthur.
Arthur est un système d'exploitation complet et modulaire. Il est extensible
à volonté par l'ajout de librairies, et ce de façon dynamique.
Peu de SE offrent cette possibilité (les librairies de l'Amiga fonctionnent
de façon similaire. Seul le NeXT fait mieux puisqu'il étend cette
capacité dynamique aux applications, mais là, je ne connais vraiment
pas...). La référence que beaucoup connaissent plus ou moins est
la DLL de windows; la différence est qu'un module peut proposer d'étendre
les fonctions du système de manière transparente, sans avoir besoin
de lier son programme à ce module, ni au moment de la compilation, ni
au moment de l'exécution. Il suffit en effet d'exécuter un appel
système (une seule instruction dédiée en assembleur), puis
la fonction désirée du module est appelée. Le système
est lui-même composé de modules, qu'on peut éventuellement
changer, pour une mise à jour corrective ou pour ajouter de nouvelles
fonctions. Pour prendre un exemple concret, le module qui gère le «bureau»,
WindowManager, permet de gérer des fenêtres imbriquées
et des fontes antialiasées tenant compte du fond. Pour obtenir ces fonctions,
il m'a suffit d'exécuter le module, qui a remplacé son homologue
plus ancien, situé en ROM.
On peut exécuter des commandes shell (dites "CLI" ou "*"), dans une fenêtre,
tout en calculant une belle image avec POV et en désarchivant un gros
fichier comprimé avec ZIP. Tout est configurable (ou presque) à
la manière D'Unix.
Une interface graphique est bien sûr livrée: WIMP
(Windows Menu Icon Pointer)
qui reprend toutes les facilités auxquelles on peut s'attendre de
nos jours (on est alors en 1988, je le rappelle - et vers 1996 pour la comparaison
-).
Côté hard, l'Archimèdes ne pâlit pas :
l'Archimèdes est de 2 à 15 fois plus rapide qu'un ST.
Cette machine faisait rêver. Son prix était trop élevé
pour l'utilisateur commun (pour moi en tout cas) et la machine ne convint pas.
Pourtant elle ne coûte alors que 11990F mais les moniteurs eux vident
le portefeuille de 3500F pour un multisynchrone monochrome jusqu'à 8290F
pour la couleur, c'est là le hic.
L'un des premiers jeux sortis est Zarch (connu aussi sous le nom de Virus) tout
en 3D, couleur, et fluiiide : du jamais vu !
Copyright et tout, 1995-2003 Stanislas Renan (sauf mention © sur certaines photos)