L'Archimèdes : le 32 bits d'Acorn

Il faut cependant attendre 1988 pour voir arriver en France une machine avec un tel processeur. Mais ce n'est pas tout : le système livré avec la machine n'est pas un nième clone de CP/M ou MS/DOS mais Arthur.

Arthur est un système d'exploitation complet et modulaire. Il est extensible à volonté par l'ajout de librairies, et ce de façon dynamique. Peu de SE offrent cette possibilité (les librairies de l'Amiga fonctionnent de façon similaire. Seul le NeXT fait mieux puisqu'il étend cette capacité dynamique aux applications, mais là, je ne connais vraiment pas...). La référence que beaucoup connaissent plus ou moins est la DLL de windows; la différence est qu'un module peut proposer d'étendre les fonctions du système de manière transparente, sans avoir besoin de lier son programme à ce module, ni au moment de la compilation, ni au moment de l'exécution. Il suffit en effet d'exécuter un appel système (une seule instruction dédiée en assembleur), puis la fonction désirée du module est appelée. Le système est lui-même composé de modules, qu'on peut éventuellement changer, pour une mise à jour corrective ou pour ajouter de nouvelles fonctions. Pour prendre un exemple concret, le module qui gère le «bureau», WindowManager, permet de gérer des fenêtres imbriquées et des fontes antialiasées tenant compte du fond. Pour obtenir ces fonctions, il m'a suffit d'exécuter le module, qui a remplacé son homologue plus ancien, situé en ROM.
On peut exécuter des commandes shell (dites "CLI" ou "*"), dans une fenêtre, tout en calculant une belle image avec POV et en désarchivant un gros fichier comprimé avec ZIP. Tout est configurable (ou presque) à la manière D'Unix.
Une interface graphique est bien sûr livrée: WIMP (Windows Menu Icon Pointer) qui reprend toutes les facilités auxquelles on peut s'attendre de nos jours (on est alors en 1988, je le rappelle - et vers 1996 pour la comparaison -).

Côté hard, l'Archimèdes ne pâlit pas :

Photo d'un A440 [9347]
Un A440, bel animal
[9347]

l'Archimèdes est de 2 à 15 fois plus rapide qu'un ST.

Cette machine faisait rêver. Son prix était trop élevé pour l'utilisateur commun (pour moi en tout cas) et la machine ne convint pas. Pourtant elle ne coûte alors que 11990F mais les moniteurs eux vident le portefeuille de 3500F pour un multisynchrone monochrome jusqu'à 8290F pour la couleur, c'est là le hic.
L'un des premiers jeux sortis est Zarch (connu aussi sous le nom de Virus) tout en 3D, couleur, et fluiiide : du jamais vu !

Ici, on parle d' acorn, de RISC OS, de mariage, de pocomail, de microprocesseur ou processeur ARM pour Advanced Risc Machines. L'auteur est Stanislas Renan.